Les délits de chauffard ont doublé en Suisse romande : une urgence de sécurité routière

Société

Les délits de chauffard ont quasi doublé en Suisse romande entre 2021 et 2025, passant de 166 à 326 cas selon les statistiques policières dévoilées dimanche par l’émission « Mise au Point » de la RTS. Une explosion inquiétante des infractions les plus graves de la route qui remet en question les politiques de sécurité routière dans nos cantons.

Genève particulièrement touchée

La situation varie fortement selon les cantons. Genève est le canton romand qui, l’an passé, a recensé le plus grand nombre de cas avec 129 infractions, suivi de Vaud avec 41 cas, Fribourg avec 36, le Valais avec 28, Neuchâtel avec 10 et le Jura avec 2 cas, la région bernoise francophone en totalisant 80. Ces chiffres démontrent une concentration particulière du phénomène dans la zone genevoise, où les densités urbaines et le flux de circulation sont plus importants.

Que recouvre précisément la notion de « délit de chauffard » ? Il ne s’agit pas de simples excès de vitesse ou de petites infractions au code de la route. Ces délits englobent les comportements les plus dangereux : conduite en état d’ivresse grave, refus d’obtempérer à un contrôle, vitesses excessives associées à des accidents, ou franchissements de feux rouges causant des collisions. Autrement dit, des actes susceptibles de mettre en péril l’intégrité physique d’autrui.

Une tendance nationale en accélération

Le problème dépasse les frontières romandes. La tendance à la hausse est en réalité nationale : à Zurich, le Ministère public a créé une unité d’enquête spéciale dévolue aux délits de chauffard. Cette mobilisation des autorités zurichoises suggère que l’ensemble du pays fait face à un enjeu de sécurité routière majeur, justifiant des réponses institutionnelles de plus en plus structurées.

Les causes de cette augmentation restent à approfondir : évolution des comportements post-pandémie, augmentation du trafic, embouteillages chroniques poussant certains conducteurs à des prises de risques, ou simple amélioration du taux de détection et de dénonciation des infractions graves. Quoi qu’il en soit, la multiplication par deux des délits de chauffard en quatre ans ne peut être écartée comme un phénomène passager.

Pour les collectivités romandes, l’enjeu est double : assurer la sécurité des usagers de la route, tout en répondant à une demande croissante de justes peines pour les contrevenants les plus dangereux. Les données de la RTS mettent en lumière une urgence que les cantons ne peuvent plus ignorer.