Valais : 88% des chantiers ne protègent pas assez les ouvriers contre la chaleur extrême

Société

Alors que la Suisse romande subit une nouvelle vague de chaleur, un diagnostic alarmant émerge des chantiers valaisans. Selon un contrôle mené par Unia, le syndicat des services publics, 88% des entreprises ne respectent pas entièrement les mesures de protection contre la chaleur sur les chantiers qu’elles gèrent. Un bilan qui expose l’ampleur de la désinvolture patronale face aux risques sanitaires que courent quotidiennement les ouvriers.

Des obligations ignorées sur le terrain

La loi suisse impose pourtant des obligations strictes aux employeurs. Entre lundi et mercredi, ils doivent empêcher leurs salariés de travailler à l’extérieur après 13 heures. Le reste de la semaine, des mesures de prévention s’imposent : fourniture d’eau, aménagement des horaires, zones d’ombre aménagées. Or, sur les 41 chantiers visités par Unia en Valais, ces principes élémentaires restent largement ignorés ou mal appliqués.

Cette situation n’est pas nouvelle. Depuis plusieurs saisons estivales marquées par des canicules persistantes, les syndicats alertent sur les conditions de travail dégradées dans le secteur du bâtiment et des travaux publics. Les ouvriers, souvent moins protégés et moins bien rémunérés que leurs collègues en bureau climatisé, supportent l’essentiel du fardeau climatique.

Demande de renforcement des contrôles

Face à ce constat, Unia ne reste pas passif. Le syndicat réclame des contrôles renforcés de la part des autorités cantonales compétentes, notamment l’Inspection du travail valaisanne. L’objectif est clair : transformer les obligations légales en pratiques effectives sur le terrain, et sanctionner les employeurs qui les contreviennent.

Cette exigence s’inscrit dans une logique de justice sociale. Les travailleurs manuels, souvent issus de milieux moins favorisés, ne doivent pas être sacrifiés sur l’autel de la productivité ou de la rentabilité d’un chantier. La chaleur extrême n’est pas une fatalité à supporter sans protection : c’est un risque professionnel qui exige une action collective et une régulation stricte.

Les semaines à venir demeurent critiques. Si les prévisions météorologiques confirment une poursuite des températures élevées, le respect des mesures de protection deviendra un enjeu encore plus crucial pour la santé de milliers de Valaisans qui construisent et rénovent nos routes, immeubles et infrastructures.