Pendant que le monde regardait les matchs du Mondial 2026, les commissariats romands enregistraient une hausse inédite des plaintes pour violences domestiques. Dans cinq cantons romands sur six, les violences domestiques signalées à la police ont augmenté pendant le Mondial 2026. Un constat troublant qui tranche avec l’ambiance festive de la compétition mondiale.
Ce phénomène observe une corrélation bien documentée en criminologie : les grands événements sportifs, notamment le football, amplifient certains comportements violents au sein des foyers. Les recherches antérieures pointaient déjà cette tendance lors des Mondiaux précédents. Cette année, la Suisse romande en fait une nouvelle fois l’expérience.
Les cantons concernés par cette augmentation n’ont pas immédiatement communiqué de chiffres précis, mais les services de police et les associations d’aide aux victimes décrivent une surcharge évidente. Les interventions se sont concentrées en fin d’après-midi et en soirée, heures précises des rencontres télévisées. Les conjoints, les enfants et les tiers présents au domicile se sont trouvés en première ligne de cette frustration décuplée par l’alcool et l’émotion du sport.
Cette hausse soulève des questions plus larges sur la prévention en Suisse romande. Avant les événements sportifs majeurs, les services cantonaux lancent rarement des campagnes de sensibilisation spécifiques. À l’inverse, certains pays scandinaves, qui observent le même phénomène, ont mis en place des numéros d’aide et des visibilité renforcée pendant les périodes à risque. Neuchâtel, notamment, a annoncé un tournant stratégique : le canton va surveiller des auteurs de violence domestique avec des bracelets électroniques. Une approche préventive qui pourrait inspirer d’autres cantons romands.
Les associations d’aide aux victimes appellent à une vigilance accrue. Elles rappellent que les violences domestiques ne disparaissent pas avec la fin du tournoi : elles constituent un problème structurel qui mérite un engagement politique durable, indépendamment du calendrier sportif. Le Mondial aura au moins eu un mérite : mettre en lumière une réalité que l’opinion romande ne pouvait plus ignorer.