La facture s’alourdit à nouveau. Selon l’Office fédéral de la santé publique (OFSP), les primes d’assurance-maladie augmenteront de 5,0% en moyenne en 2027, avec la prime moyenne atteindra 412 francs par mois. Cette hausse prolonge une série accablante pour les portefeuilles des Suisses.
Mais les chiffres globaux cachent une réalité bien plus cruelle pour les Romands. La hausse varie fortement d’un canton à l’autre avec des écarts marqués en Suisse romande. Le Jura s’annonce comme la mauvaise surprise: dans le Jura, la hausse culmine à 6,6%, la plus salée du pays.
À l’autre extrémité du spectre régional, en Suisse romande, sous la moyenne nationale, on ne trouve plus que Vaud (+3,5%, la hausse la plus sage) et Genève (+4,4%). Le Valais et Neuchâtel enregistrent des hausses proches de 5,4%, tandis que Fribourg dépasse la barre des 5%.
La facture s’accumule depuis des années
Cette nouvelle augmentation ne fait que prolonger une tendance inquiétante. Après des hausses de 6,6% en 2023, 8,7% en 2024, 6% pour 2025 et 4,4% pour 2026, celle pour 2027 sera de 5% en moyenne. En trente ans, le paysage s’est transformé: lors de l’introduction de la loi sur l’assurance maladie (LAMal) en 1996, elle n’était que de 128 francs. Depuis lors, la progression a été constante.
Différentes catégories d’âge n’échappent pas à l’augmentation. Les enfants verront leur prime augmenter de 5,70 francs par mois (+4,6%), les jeunes adultes de 15,40 francs (+4,8%), les plus de 26 ans de 22,80 francs (+4,9%).
Genève franchit la barre symbolique des 500 francs
La situation la plus spectaculaire concerne Genève. À Genève, la prime moyenne progressera de 4,4% pour atteindre 508,6 francs. Le canton franchit ainsi la barre symbolique des 500 francs et devient le deuxième du pays à le faire, après le Tessin.
La Suisse romande restera par ailleurs une région de primes élevées. Quatre de ses six cantons afficheront en 2027 une prime moyenne supérieure à la moyenne suisse de 412 francs.
Les assureurs accumulent les réserves tandis que les primes s’envolent
Une tension apparaît entre l’ampleur des hausses et la situation financière des assureurs. Les réserves des caisses maladie se sont renforcées, passant de 7,8 à 8,4 milliards de francs en un an. Le minimum nécessaire a toutefois lui aussi progressé, de 5,3 à 5,7 milliards. Le taux de solvabilité de l’ensemble de la branche atteint 149%.
Face à ces chiffres, certains cantons questionnent la justification des augmentations. “Aucun signe ne laisse actuellement présager un ralentissement de la tendance”, souligne l’OFSP. Les facteurs mis en avant incluent la multiplication des traitements, les progrès médicaux et le vieillissement démographique.
Pour les assurés cherchant à limiter la casse, la principale échappatoire demeure le changement de caisse-maladie. Certains cantons explorent aussi des pistes alternatives, comme le Valais qui a récemment demandé un examen scrupuleux des primes par l’OFSP avant leur approbation.