Au Gymnase de Burier: des parents contestent l’exclusion du voyage d’études après une nuit alcoolisée

Suisse

Une vingtaine d’élèves du Gymnase de Burier, à La Tour-de-Peilz, ont été exclus d’un voyage d’études prévu en octobre après avoir consommé de l’alcool durant un camp sportif en juin. La sanction divise. Des parents s’insurgent, les comparant à des délinquants et jugeant la punition démesurée.

Les faits de juin resurgissent

Dix-huit élèves ont reconnu avoir bu de l’alcool lors d’un camp de surf organisé par leur établissement. Mais la situation s’est compliquée. Une adolescente qui avait trop bu a dû être transportée à l’hôpital. Selon la direction, les élèves sont sortis de l’enceinte du camp après le couvre-feu pour se rendre sur une plage et consommer de l’alcool.

Une sanction qui fait débat

À leur retour en juillet, la direction a frappé fort. Les jeunes ont écopé d’une semaine de suspension provisoire et ont été exclus du voyage d’études prévu début octobre. Le coup a été rude pour les familles. Plusieurs parents considèrent que la sanction est disproportionnée, d’autant que les adolescents attendaient ce voyage d’études depuis longtemps.

La directrice du Gymnase de Burier, Suzanne Peters, défend la position de l’établissement. Elle rappelle que les règles du gymnase s’appliquent à tous les camps sportifs, y compris l’interdiction de consommer de l’alcool et les heures de rentrée fixées par les encadrants, et que ces règles ont été explicitement rappelées aux élèves à leur arrivée. L’établissement considère donc avoir agi dans son rôle de garant du cadre éducatif.

Les familles passent à l’offensive

Cependant, la contestation monte. Six familles ont déposé un recours, jugeant la sanction disproportionnée. Les parents pointent un décalage : faut-il vraiment priver un élève de l’intégralité de son voyage d’études pour une sortie alcoolisée ? Certains estiment qu’une mesure intermédiaire aurait suffi. D’autres soulignent que si l’un des jeunes avait besoin d’hospitalisation, c’est qu’il y avait un problème d’encadrement lors du camp lui-même.

Ce conflit révèle une tension plus large dans les établissements scolaires suisses : comment concilier maintien de l’ordre et proportionnalité ? À quel moment une transgression des règles justifie-t-elle une exclusion d’activité prévue longtemps à l’avance ? Ces questions ne sont jamais simples, surtout quand l’hospitalisation d’une jeune fille met en lumière que les choses ne se sont pas déroulées sans risque.

Les recours des familles suivent maintenant leur cours. La décision finale ne devrait pas tarder et pourrait servir de précédent dans la région vaudoise, au-delà du simple cas du Gymnase de Burier.