Depuis le vendredi 11 septembre, une nouvelle saison a débuté dans la Vallée de Joux : pour la première fois de son histoire, le Vacherin Mont-d’Or AOP disposant d’une appellation d’origine protégée est mis en vente cette date. Une avancée spectaculaire qui rompt avec plus de deux siècles de tradition.
Traditionnellement, le lancement a généralement lieu le vendredi du Jeune fédéral, soit le 18 septembre cette année. Avec une semaine d’avance, le secteur s’inscrit dans une logique d’adaptation à la demande commerciale. Cette décision vise à satisfaire la demande des distributeurs et des consommateurs, tout en s’alignant sur la vente du Mont-d’Or français.
Les effets du réchauffement climatique
Mais derrière cette avancée commerciale se cachent des défis bien réels. L’interprofession profite de son record de précocité pour faire le point sur la canicule estivale et le réchauffement climatique, qui affectent la profession. En raison de l’été très sec, aux températures record, les producteurs de lait ont dû puiser dans leurs réserves de fourrage, tandis que l’autre matière première du Vacherin Mont-d’Or est aussi affectée.
Cette fragilité des conditions de production pousse le secteur à monter au créneau. L’interprofession soutient l’appel adressé au Conseil fédéral et au Parlement pour renforcer la protection des forêts, plutôt que de supprimer les budgets destinés à l’adaptation au changement climatique. Un message fort en faveur d’une transition écologique assumée.
Un fromage emblématique sous pression
Le Vacherin Mont-d’Or est bien plus qu’un fromage. L’histoire de l’AOP est étroitement liée à celle du village des Charbonnières dans la Vallée de Joux, qui célèbre avec fierté ce fromage typique chaque septembre. Chaque année, plus de 6000 personnes viennent assister à cette fête locale où elles peuvent profiter de la Désalpe, du marché local et surtout goûter au premier vacherin de la saison.
Le vacherin Mont-d’Or sera disponible à la vente jusqu’au printemps prochain. Cette fenêtre temporelle, comme la date de début de saison, se lit désormais au prisme des bouleversements climatiques. Les producteurs romands, attachés à préserver l’authenticité de ce patrimoine gastronomique, se réinventent face à l’urgence environnementale.