Selon l’enquête PISA 2025, les compétences des jeunes suisses en lecture et en mathématiques ont perdu l’équivalent d’un an de scolarité en dix ans. Malgré cette baisse, la Suisse demeure très bien positionnée en comparaison européenne, tout en affichant un important écart entre élèves favorisés et défavorisés. Ce diagnostic alarme les responsables de l’éducation en Romandie, qui y voient un symptôme de mal-être plus profond dans les salles de classe.
Les chiffres de PISA, mesurant les performances académiques des élèves de quinze ans, constituent un baromètre fiable de la santé du système éducatif. La baisse équivaut à une année complète de scolarité perdue, ce qui représente une dégradation significative en une décennie. Cette tendance négative s’observe dans plusieurs domaines : les mathématiques, la lecture et les sciences.
Un malaise plus large que les seules notes
Cette dégradation intervient dans un contexte où les écoles romandes font face à d’autres défis majeurs. Les quatre canicules successives de l’été ont imposé une rentrée scolaire chaotique, avec des salles de classe devenues inhospitalières et des élèves épuisés par la chaleur. Ces conditions météorologiques extrêmes ont perturbé les apprentissages au moment critique du retour en classe.
Au-delà des températures, la Suisse reçoit aussi une mauvaise note dans le domaine du harcèlement, ce qui pointe un climat scolaire détérioré. Le stress, l’anxiété et les tensions interpersonnelles pèsent sur la concentration des jeunes, créant un environnement peu propice aux acquisitions académiques.
L’éducation comme facteur d’inégalité
Le fossé entre élèves favorisés et défavorisés représente l’une des conclusions les plus préoccupantes de ce rapport. En Romandie, comme ailleurs en Suisse, le contexte socio-économique des familles détermine largement les résultats scolaires. Les enfants issus de milieux aisés bénéficient d’un accès à des ressources de soutien que les autres n’ont pas : cours particuliers, environnement calme à la maison, parents ayant eux-mêmes reçu une bonne éducation.
Cette persistance des inégalités scolaires mine l’idéal démocratique d’une école qui donne des chances égales à tous. En Suisse romande, où des initiatives comme l’accès culturel gratuit aux jeunes en Valais ou les campagnes de santé mentale à Vaud tentent de réduire ces fractures, le diagnostic de PISA révèle qu’il reste encore beaucoup à faire.
Un appel à repenser l’éducation
Les autorités cantonales romandes doivent désormais affronter la question centrale : comment renverser cette tendance ? Investir davantage dans les écoles des quartiers défavorisés, renforcer le soutien psychologique aux élèves en détresse, améliorer les conditions d’étude (climatisation, équipements modernes) et former les enseignants à gérer les crises successives apparaissent comme des priorités.
Bien que la Suisse reste bien positionnée en comparaison européenne, cette position d’apparence rassurante cache une dégradation préoccupante. Les écoles romandes ne peuvent se permettre de rester passives face à ce déclin. La génération actuelle de jeunes Romands porte déjà le poids des défis climatiques et sociétaux ; une éducation fragilisée ajouterait encore à cette charge.