Le lac des Brenets reprend vie: trois mois après le cauchemar de la sécheresse

Environnement

Un peu plus d’une semaine, c’est tout ce qu’il a fallu. Les pluies de ces derniers jours ont permis à la navigation sur le lac des Brenets de reprendre après trois mois d’arrêt causés par la sécheresse. Lundi dernier, les premiers bateaux de la compagnie de navigation ont retrouvé l’eau. Un retour à la normalité qui semble presque miraculeux pour ceux qui, il y a quelques semaines encore, contemplaient le spectacle surréaliste d’un lac transformé en prairie.

Car la situation était véritablement critique cet automne. Entre juillet et octobre, le lac des Brenets affichait un niveau sept mètres sous la normale depuis fin juillet 2026. Pire: au moment des pics de sécheresse, les chiffres avaient encore dégringolé. Alors que le 19 juillet, son niveau était à sept mètres en dessous de la normale, il était ensuite à 14,2 mètres en dessous. Une chute libre qui a pris des proportions alarmantes.

Les conséquences ont été immédiates pour l’économie touristique. Le directeur de la compagnie de navigation sur le lac des Brenets, Yvan Durig, mesure tous les jours le niveau du bassin et relevait qu’aucun bateau n’avait levé l’ancre depuis plus de deux mois. Pour une région qui vit largement du tourisme fluvial, cet arrêt prolongé ressemblait à un véritable coup de massue. L’entrepreneur confie que ses 20 bateaux de croisière sont demeurés prisonniers du lit asséché.

Un appel au secours devenu viral

Frustrés par l’inaction et l’absence de perspectives d’amélioration, les riverains ont décidé de passer à l’action symbolique. Le mot « Help » a été tracé sur le lit asséché du lac le 27 septembre pour alerter sur la sécheresse. Des images du lac asséché, remplacé par une prairie luxuriante, ont fait le tour du monde, transformant la crise locale neuchâteloise en affiche du réchauffement climatique global.

Au-delà du spectacle médiatique, la situation menaçait sérieusement l’écosystème. La situation était critique au niveau de la pisciculture: les deux tiers du lac étaient complètement asséchés et aucune pluie n’était prévue pour les prochaines semaines. Les populations de poissons et les habitats fragiles dépendant du lac risquaient des dégâts irrémédiables.

Un problème chronique qui s’aggrave

Le soulagement actuel ne doit pas masquer une réalité préoccupante: ce phénomène se reproduit avec une fréquence croissante. En 2018, en 2022 et en 2023, des photos du lac des Brenets, complètement à sec, étaient déjà devenues un symbole du réchauffement climatique en Suisse romande. Autrement dit, les Brenets ne connaissent plus une ou deux crises décennales, mais des assèchements quasi annuels.

Le lac des Brenets a largement séché en raison des faibles précipitations, des vagues de chaleur répétées et de l’infiltration d’eau à travers des failles géologiques. Cette combinaison de facteurs naturels et de changement climatique pose la question légitime: la navigation et l’exploitation touristique du lac sont-elles encore viables à long terme?

La reprise de la navigation est donc bien accueillie localement, mais elle représente surtout une pause dans une tendance lourde. Les autorités régionales auront du mal à ignorer que la résolution du problème ne repose pas sur quelques millimètres de pluie, mais sur des mesures structurelles d’adaptation aux nouvelles réalités climatiques de la Suisse romande.