Feux d’artifice interdits ? Les entreprises romandes face à l’incertitude avant le scrutin du 29 novembre

Economie

Vendredi, les citoyens suisses voteront le 29 novembre sur une initiative destinée à interdire les feux d’artifice, et cette votation fait trembler le secteur événementiel de Suisse romande. « Pour nous, ce serait tout simplement la faillite », s’inquiète une entreprise broyarde qui vit directement de la pyrotechnie et des animations festives traditionnelles.

L’enjeu dépasse largement les quelques étincelles qui illuminent les nuits romandes. C’est toute une chaîne économique qui risque d’être mise en péril si le scrutin de novembre aboutit à l’interdiction des pièces d’artifice. Les exploitants de petits commerces, les prestataires spécialisés, les restaurants qui profitent des festivités de fin d’année comptent sur cette source de revenus non négligeable, particulièrement en novembre et décembre.

En Suisse romande, la Fribourgerie apparaît comme la région la plus touchée par cette menace. Les petites entreprises familiales, ancrées depuis des années dans l’organisation des spectacles pyrotechniques locaux, redoutent un effondrement rapide de leur modèle économique. Certaines n’ont que quelques semaines pour se réinventer si le oui l’emporte.

L’initiative ne prétend pas interdire tous les feux d’artifice publics, mais elle entend en limiter drastiquement la portée. Ses partisans invoquent des raisons écologiques et de bien-être animal, arguments qui résonnent auprès d’une partie croissante des électeurs suisses. Pour autant, les entrepreneurs du secteur pointent l’absence d’études d’impact régionales et plaident pour que les votants mesurent les conséquences d’une telle mesure sur les petites structures romandes.

Au-delà des aspects financiers directs, l’industrie des feux d’artifice en Suisse romande alimente aussi un écosystème de prestataires périphériques : location de matériel, transport, services de sécurité, restauration. Un arrêt brutal pénaliserait l’ensemble de ces activités complémentaires.

Reste que le débat public en Suisse met l’accent sur les enjeux environnementaux et le bien-être animal. Les initiants, forts du soutien d’associations de protection de la nature et de défenseurs des animaux, construisent un narrative séduisant auprès du citoyen moyen. Les petits exploitants romands, eux, doivent se battre sur deux fronts : justifier l’intérêt économique de leurs activités tout en se positionnant face aux critiques écologiques.

La votation du 29 novembre ressemble donc à un référendum indirect sur la place à accorder aux traditions festives face aux impératifs écologiques modernes. Pour les entrepreneurs de Suisse romande, c’est bien davantage : c’est un moment de vérité existentielle.