En Valais, les contrôleurs ont relevé la mise en danger concrète de deux patients et celle possible de six autres au sein de structures de soins à domicile qui ont dû fermer leurs portes. En Suisse romande ces dernières années, le Valais a interdit l’activité de cinq organisations de soins à domicile (OSAD), contre une dans le canton de Vaud. Neuchâtel a également refusé d’octroyer deux autorisations. Un véritable coup de tonnerre dans le secteur des services de maintien à domicile, qui révèle des failles inquiétantes dans la qualité des prestations offertes aux patients.
Ces interdictions ne sont pas tombées du ciel. Des employées ont été engagées alors qu’elles avaient raté leurs examens, certaines OSAD ont dénombré une seule infirmière pour 70 patients, voire aucun infirmier pendant un mois. Une situation qui frôle le scandale dans un secteur où la vulnérabilité des patients demande des garde-fous absolus.
Le Valais, particulièrement touchée, concentre les problèmes. Le système des soins à domicile repose sur l’autonomie du personnel infirmier, ce qui rend chaque maillon de la chaîne crucial. Or, plusieurs structures romandes ont failli à cette responsabilité élémentaire.
Ces révélations soulèvent des questions cruciales sur la supervision cantonale. Comment des organisations ont-elles pu fonctionner sans superviseurs qualifiés ? Pourquoi les dysfonctionnements n’ont-ils pas été détectés plus tôt ? Dans un cas, l’OSAD concernée ne remplissait pas certaines conditions réglementaires, notamment concernant les qualifications de la personne proposée pour la direction. Ce problème a depuis été résolu et une autorisation d’exploitation a été accordée.
Les autorités romandes durcissent le ton. Ces fermetures marquent un changement de paradigme : plutôt que tolérer des structures défaillantes, les cantons préfèrent désormais bloquer l’activité et protéger les patients. Un signal bienvenu pour les familles qui confient leurs proches à ces services.
Pour les patients actuellement pris en charge, les conséquences pourraient être significatives. Le remplacement des structures interdites nécessitera du temps et de l’argent. Le secteur des soins à domicile en Suisse romande, déjà sollicité par le vieillissement de la population, fait face à un défi supplémentaire : se réformer rapidement sans laisser les patients sans couverture.