À la RTS, 202 salariés sonnent l’alerte : un moratoire urgent pour dénouer la crise interne

Médias

La tension monte à la Radiotélévision suisse romande. Suite à la panne majeure du journal de six heures du 1er octobre, 202 salariés de la RTS ont signé une lettre d’alerte collective demandant un moratoire sur la fusion radio-TV et les nouveaux formats. Le message est clair : il faut d’abord stabiliser la maison avant de poursuivre les transformations en cours.

Des dysfonctionnements qui s’accumulent

Les collaborateurs pointent trois problèmes majeurs qui minent le quotidien : les gros bugs qui paralysent les productions, la fatigue des équipes et l’absentéisme qui s’aggrave. La panne du journal télévisé n’est pas un incident isolé, mais le symptôme d’une surcharge systémique. Les salariés dénoncent des formats toujours plus gourmands en ressources humaines, pour une organisation qui n’a pas suivi le rythme.

Cette lettre ouverte, largement cosignée, représente un signal d’alarme rarement vu dans l’institution publique romande. Elle exprime une frustration née de mois de transformation rapide, sans que les outils et les effectifs soient suffisamment adaptés. Les équipes de production, déjà mobilisées sur plusieurs projets simultanés, se trouvent en situation de pénurie chronique.

Une demande de temps pour respirer

Le moratoire demandé n’est pas un rejet de la modernisation, mais une demande de pause stratégique. Les salariés souhaitent que la direction investisse d’abord dans la résolution des problèmes techniques et dans un meilleur accompagnement des équipes, avant de lancer de nouvelles initiatives. C’est une lecture responsable de la situation : mieux vaut fonctionner solidement en radio-TV classique que de multiplier les formats en les maintenant par des rustines successives.

Pour Actualité Romande, ce dossier incarne un enjeu central en Suisse romande. La RTS, premier média public régional, structure l’information commune. Si elle trébuche, c’est l’ensemble de l’écosystème médiatique local qui en souffre, et par extension, la capacité des citoyens romands à accéder à une information fiable et de qualité.

La direction de la RTS devra répondre à ces préoccupations. Le débat qui s’engage portera non seulement sur la gouvernance interne, mais aussi sur les choix stratégiques d’une institution publique au cœur de la vie régionale.